mercredi 14 décembre 2011

Esprit de Noël, es-tu là?

On fait du mieux qu'on peut pour enseigner les valeurs humaines à nos enfants: entraide, partage, compassion, générosité, gratitude,... surtout en ce temps de l'année. On les encourage à choisir des denrées non-périssables pour garnir les paniers de Noël de l'école, à donner des jouets qu'ils n'utilisent plus dans l'arbre à cadeaux du Père Noël pour les enfants défavorisés, à penser au présent qu'ils pourraient offrir à leur prof. ou à la carte qu'ils pourraient dessiner pour leur chauffeur d'autobus afin de les remercier de leur bienveillance, etc, etc. Mais, une fois le sac de denrées déposé dans la boîte, une fois le jouet laissé au creux de l'arbre, une fois la liste cochée vis-à-vis le nom du prof. et celui du chauffeur, que reste-t-il de ces belles valeurs qu'on tente de leur transmettre? Comprennent-ils vraiment la portée de ces gestes, ou une fois que le geste est posé, c'est fini, comme une enfilade de petites corvées plaisantes à faire, sans plus. Comment ne pas perdre de vue l'intention première qui se cache derrière tout ça? Je ne sais pas trop...

Quand j'ai demandé à mes filles de faire un choix parmi leur montagne (il faut bien le dire!!) de jouets pour en offrir aux plus démunis, ça n'a pas été facile!! Pourtant, nous insistons sur l'importance du partage depuis qu'elles sont nées!! «Pas celui-là maman, même si je ne joue plus avec, c'est grand-maman qui me l'a donné! Celui-là non plus, je l'aime trop encore». Bon, on recommence à expliquer ce qu'est la pauvreté, qu'il n'y en a pas seulement dans les pays du Tiers-monde, mais aussi juste à côté de chez nous, peut-être même dans l'école qu'elles fréquentent. Oui, ça existe les filles, des enfants qui ne recevront rien à Noël... Elles deviennent un peu plus conciliantes, mais la poupée de grand-maman restera dans la chambre... 

L'an prochain, plutôt que d'aller porter les jouets dans le guilleret arbre du Père Noël, on pourrait se rendre directement au comptoir d'entraide, ça changera peut-être un peu leur vision des choses... 

Mais un enfant reste un enfant: «Je ne sais pas quoi acheter à mon prof., elle est trop sévère!» ou «Maman, est-ce que je peux manger un biscuit qui est dans le sac des paniers de Noël ?». Ça aussi, ça fait partie de la beauté de la vie!!


PS: Parlant de valeurs humaines, allez donc jeter un coup d'oeil sur ce petit bijou de film:   Oncle Bob à l'hôpital     À regarder avec ses enfants!!

lundi 14 novembre 2011

Lâche pas ma grande!

Un samedi matin pluvieux, où même le café n'a pas réussi à m'égayer les neurones, je ronchonne contre tout pendant que je me prépare à accompagner ma grande fille à son cours de natation. Comme elle a l'oreille très fine la lapine, elle me propose d'y aller toute seule (la piscine est à trois coins de rue). Je ravale alors mon air de boeuf et je lui réponds que je tiens à y aller avec elle, même si ça ne paraît pas trop! On quitte donc la maison ensemble sous nos parapluies rouge et noir (devinez qui a le noir?!) et même si je n'affiche pas mon air le plus radieux, je suis contente d'être là, avec elle, pour elle.

Ce sentiment me revient encore plus fort lorsque je constate, une fois assise au bord de la piscine, que je suis un des seuls parents présents pour le cours des grands, alors que du côté des petits, ça déborde de mamans-papas-grand-mères-et-grands-pères qui encouragent de frétillants poupons. Chaque bébé a tout un fan club pour le supporter, tandis que les grands, eux, doivent pas mal s'encourager tout seul. Je sais bien que cette «autonomie» fait partie de l'évolution «normale» d'un enfant, je sais bien aussi qu'un petit bébé est une source intarissable d'émerveillement, mais de voir autant d'enthousiasme d'un bord et presque rien de l'autre, ça me désole. Pourquoi perd-on cette belle ardeur à soutenir, motiver, féliciter nos enfants lorsqu'ils grandissent? Pourtant, chaque grand a commencé par être un petit lui aussi, qu'on a embrassé et applaudit à chaque petit pas accompli. 

Alors, tant pis si on me trouve trop intense, voire fatigante; quand ma grande fait ses longueurs, je ne me gêne pas de lui crier «Lâche pas cocotte, t'es capable!!». Pour être bien sûre qu'elle comprenne que je suis là, avec elle et pour elle, encore et toujours, malgré les yeux collés et les dix ans bien sonnés!








vendredi 23 septembre 2011

Paradoxes

-Mercredi soir, 22h. Je baille aux corneilles depuis une heure, bien calée dans mon vieux divan tout mou, en me disant à toutes les cinq minutes que je devrais monter me coucher plutôt que de somnoler devant la télé. Et là, au lieu d'éteindre le diabolique appareil pour enfin aller m'étendre dans mon lit, je pitonne une ultime fois, tombe sur une méga-kétainerie du poste V et... JE L'ÉCOUTE!!! POURQUOI??? 

-Hier après-midi, je soupire d'ennui en pensant à mes deux filles à l'école. Pour faire passer le temps un peu plus vite en attendant leur retour, je prépare un gâteau au chocolat en imaginant déjà leurs réactions quand elles rentreront. J'accueille ma plus jeune à sa sortie de l'autobus; à peine a-t-elle mis un pied dans la maison qu'elle s'exclame «Mmmm, ça sent bon!». Sourire. Comme il pleut et que je ne me souviens plus si sa grande soeur qui rentre à pieds a pris un parapluie, je lui demande de m'attendre deux minutes, le temps que j'aille à sa rencontre lui en apporter un. Je n'ai pas le temps de faire dix pas que voilà la petite qui me rejoint à la belle course, en robe rose pâle, derrière laquelle splashe allègrement la bouette que soulèvent ses espadrilles à chaque enjambée... Au lieu d'en rire comme mon coeur me chuchote de le faire, je me fâche et gâche tout l'effet réconfortant du gâteau au chocolat que j'avais pourtant bien hâte de partager avec mes cocottes. POURQUOI?

-Toute la semaine, j'ai eu envie d'ouvrir une parenthèse dans le flot continu du quotidien, le temps de créer un petit quelque chose de personnel, de me retrouver MOI, dans MA bulle, avec mes crayons, mes cahiers, mes désirs et mes projets. Mais à chaque fois que j'y pensais, au lieu de prendre mes crayons, je prenais le tuyau de l'aspirateur, la brosse à toilette ou le savon à lessive. Au lieu de prendre mes cahiers, je prenais mon livre de recettes, ma liste de choses à faire ou mon agenda familial. Au lieu de m'occuper de MES «affaires», je m'occupais de celles des autres... POURQUOI???

Pourquoi on veut une chose et on en fait une autre? Pourquoi on dit quelque chose et on fait le contraire? Quel sorte de court-circuit se produit-il dans notre caboche pour nous embrouiller à ce point les neurones?? Dommage que les mécaniciens du cerveau n'existent pas, il me semble que je serais due pour un bon tune up!!


jeudi 8 septembre 2011

Fête de famille

Vendredi dernier, nous avons plié bagage et pris la route en direction du Lac St-Jean afin de prendre part à un GRAND rassemblement familial qui a lieu tous les deux ans lors de la longue fin de semaine de la fête du travail. Ceux qui me connaissent bien ne seront pas surpris de lire que la perspective de passer trois jours entouré de dizaines de personnes que je connais à peine ne m'enchantait pas trop, je dirais même pas du tout. 

Déjà ado., je redoutais ces grandes fêtes de famille pleine de nouveaux chums, de mères de belles-soeurs ou d'amis de cousins que je voyais pour la première fois et qui pourtant, se permettaient de prendre ma place à table. Je n'étais pas à l'aise dans tout ce brouhaha où les gens se parlaient sans avoir rien à se dire, j'allais même me réfugier dans le sous-sol pour retrouver un peu de tranquillité en attendant que la maison se vide... 

Plutôt sauvage la fille, c'est vrai. La maturité aidant, ça c'est un peu amélioré en vieillissant, mais je garde encore aujourd'hui cette réserve qui me fait soupirer à l'annonce d'un gros party. Remarquez, quand les invités me sont familiers, y'en n'a pas de problème! Mais si vous me mettez au milieu d'un groupe où la phrase la plus longue que j'ai échangée avec la plupart des convives est «Bonne année!», là, ça se corse! Je n'ai pas le sujet de conversation facile, contrairement à mon chum qui réussit à parler de tout avec tout le monde (je l'admire tellement pour ça!!). Alors je me retire un peu dans mes quartiers et j'observe ce qui se passe autour, en espérant presque qu'on me demande d'aller faire des commissions!! 

J'étais dans cet état d'esprit samedi lorsque l'heure du souper a sonné. Et là, quelque chose d'un peu spécial s'est produit: tous se sont mis à la tâche. Des tantes à la préparation des tables, des cousins-cousines au service du repas, des oncles et belles-soeurs au lavage de vaisselle, etc. C'était beau à voir cette espèce de solidarité familiale et d'entraide inter-générationnelle, presque touchant, et c'était surtout terriblement sympathique! Je n'ai donc pas hésité à prendre l'essuie-vaisselle pour faire ma part et ainsi délaisser le bord de la piste pour entrer dans la danse. 

Bonne décision! De taquiner le vieux mon oncle sur sa façon un peu douteuse de laver les fourchettes, ça fait oublier les malaises, ça crée même une sorte de complicité qui fait que quand vient le moment du départ, on s'embrasse un peu plus longuement qu'à l'habitude en se disant sincèrement qu'on a passé un bon moment ensemble. La prochaine fois qu'on m'invite à un grosse fête de famille, je débarque avec mon linge à vaisselle sous le bras, c'est sûr!!

jeudi 1 septembre 2011

Tempête dans un verre d'eau (et je ne parle pas d'Irène...)

Ce matin, quand le réveil a sonné, je ne me suis pas levé d'un bond comme s'il y avait feu en la demeure. Non, j'étais même plutôt calme, assez en fait pour me permettre de refermer les yeux quelques minutes encore. Après tout, la glace était cassée; la rentrée avait eu lieu hier, ramenant avec elle routine du matin, préparation des lunchs et départ calculé. Bilan: personne de mort! J'appréhendais un peu ce moment vu les vacances très «smooth» qu'on venait de vivre, mais finalement, toute la maisonnée a repris le rythme scolaire assez facilement. D'où l'absence de stress au lever ce matin. 

ERREUR!! Une mère relativement expérimentée comme moi (ma plus vieille a dix ans) devrait savoir qu'avec des enfants, on ne peut pas présumer que ça va bien aller aujourd'hui parce que ça s'est bien passé hier, franchement! Pourtant, ça avait bien commencé: tout le monde debout à l'heure, ça déjeune pendant que je prépare les lunchs, on jette un oeil sur la météo du jour, il fera assez chaud pour mettre les pantalons capri prévus la veille. Ça monte se laver les dents et s'habiller, je mets la touche finale aux collations et là, j'entends ma plus jeune crier du haut des escaliers «Maman, mon pantalon est trop petit!». «Ça se peut pas!» m'empressai-je de lui répondre en me précipitant là-haut. Elle me fait alors la démonstration qu'elle a raison en tentant de s'asseoir en indien; ça craque sur les genoux, misère... Pouvez-vous croire que c'est le seul pantalon que je ne lui ai pas essayé avant le retour à l'école?! Comme c'est un pantalon un peu chic, elle ne l'a pas porté de l'été et comme il lui faisait encore au mois de juin, j'étais sûre que ce serait toujours le cas... Deuxième erreur de débutante!! 

Me voilà donc, à quelques minutes du départ, en train de littéralement vider la commode à la recherche d'un morceau de rechange. C'est que, voyez-vous, toute la garde-robe d'automne de ma fille est prête, mais côté linge d'été, c'est plutôt mince, je dirais même presque inexistant! Les quelques vêtements qui lui font encore ont l'air de ce qu'ont l'air des vêtements portés par un enfant un été durant: pour rester polie, utilisons le mot «défraîchis». Et essayez donc d'acheter un t-shirt à ce temps-ci de l'année... Bref, elle n'a plus grand chose à se mettre sur le dos si le thermomètre grimpe trop, d'où la tornade dans la penderie ce matin... Elle est finalement partie en chandail à manches courtes rose pâle et pantalon noir en coton épais avec motifs foncés en paillettes... et elle était super belle pareil! Non mais on s'en fait-tu pour rien des fois...


vendredi 12 août 2011

Savoir regarder

Non, cette photo n'a pas été prise lors d'un voyage dans le Sud...


mais bien au bord du Lac St-Jean! Très joli n'est-ce pas? Dans mes yeux en tout cas, ce petit voilier se balançant entre deux nuances de bleu a tout de suite fait sensation. Je me suis empressée de le pointer à mes filles qui se sont exclamées: «Honnn, c'est beau!». Et j'étais heureuse de les entendre dire ça, car la faculté de «savoir regarder» n'est pas donné à tout le monde... Je me souviens d'une ancienne belle-mère qui ne comprenait pas ce qu'il y avait d'intéressant à faire le tour de la Gaspésie; «Trop long pour ce qu'il y a à voir» disait-elle. Le poil m'en dressait sur les bras, surtout quand elle rajoutait «Moi, je préfère aller à Québec, là au moins, il y a de beaux centres d'achats...». Misère...

C'est justement grâce à la Gaspésie que j'ai appris à savoir regarder ce qui se déployait tout autour de moi. À cette époque, il n'y avait pas de DVD portatif ou de Nintendo DS pour divertir la petite passagère que j'étais. Alors, tout au long des dix heures de route que durait le trajet, mes parents m'apprenaient à apprécier ce qui défilait sous mes yeux, du plus anodin au plus spectaculaire: fleurs sauvages, montagnes majestueuses, bornes-fontaines peinturlurées en personnages de dessins animés, phares se dressant à l'horizon, voiles de la mariée mouillant les falaises, maisons anciennes et vieux autobus transformés en stand à patates frites, tout y passait, à mon plus grand bonheur. Ainsi, je ne me suis jamais ennuyée lorsque, à chaque été, nous reprenions la route vers la péninsule ou d'autres coins du Québec que mes parents prenaient plaisir à nous faire découvrir.

Depuis qu'elles sont toutes petites, j'essaie d'inculquer cette façon de voir le monde à mes filles, en attirant leur attention sur la couleur du ciel ou sur le lis en fleur de la voisine... De les entendre s'exclamer «Honnn, c'est beau!» à la vue du petit voilier, ça m'a gonflé le coeur de fierté! J'ai réussi, youpi!

vendredi 5 août 2011

Digne de Mère indigne

J'ai un mal de tête tenace qui me tiraille les tempes depuis deux heures. Mon pot de Tylénol est vide. Voyant mon air hagard devant mon plat de tortellinis, mon chum se propose d'aller m'en chercher à la pharmacie. Ouiiiii! Et justement, la grande a besoin d'une nouvelle brosse à dents, elle pourrait t'accompagner pour aller la choisir et la puce achève son tube de pâte à dents, amène-la donc avec toi aussi et, tant qu'à y être, je te fais une petite liste de ce qui manque, quatre-cinq affaires, plus les Tylénol et les achats des filles... prenez votre temps là, BYE!

AAAAHHH! LA PAIX!!! Juste le frrrrr du ventilateur en bruit de fond, c'est tout. Pas de tiraillage, pas d'ostinage ni de chialage, pas de compte-rendu des derniers ennuis mécaniques ou du nouveau compte Visa qui explose, RIEN, pour les vingts prochaines minutes, peut-être vingt-cinq s'il y a un peu de monde à la caisse. Croisons les doigts et savourons l'instant...