mercredi 28 octobre 2015

Mille après mille avec bébé

Deuxième publication chez Mère Hélène, bonne lecture!


J’ai habité trois ans dans la belle ville de Rimouski, l’appel des régions s’étant fait entendre alors que j’élevais ma première fille au deuxième étage d’un duplex dans Villeray, à Montréal. Mon conjoint a grandi dans un rang de campagne du Lac St-Jean et moi, j’ai vécu une partie de mon enfance à Tétreaultville, un quartier jouxtant les fameuses raffineries qui caractérisent l’est de la métropole. Heureusement, comme mes parents sont Gaspésiens, j’ai passé tous mes étés d’enfance à Mont-Louis, petit village au bord de notre mer à nous, le golfe du St-Laurent. Ces séjours ont été pour moi de véritables bouffées d’oxygène, c’est le cas de le dire! 

Or, comme mon père a vendu notre chalet à la fin de mon adolescence, je n’ai pas eu la chance d’y emmener mon bébé pour le faire sortir de la grande ville. Confinée dans mon haut de duplex, j’étouffais un peu. Est alors née cette idée folle d’aller vivre en région. Puisque mon chum en provenait, il n’était pas contre. Avec le genre de profession qu’il exerçait, il avait la possibilité de se trouver un emploi assez rapidement en milieu rural. De mon côté, je n’avais plus d’engagement envers aucun employeur et à part ma famille et mes amies (un gros morceau tout de même!), plus rien ne me rattachait à cette vie en ville. Alors nous avons cherché et nous avons trouvé! 

Quelques mois plus tard, nous emménagions dans un quatre et demi à Rimouski, à une minute de la rivière du même nom et à cinq du mythique fleuve, le bonheur! Sauf que. Sauf que les miens se retrouvaient à six heures de route! Idem pour la famille de mon chum, mais ça, nous y étions déjà habitués puisque Montréal-St-Prime représentait à peu près la même distance. Ma fille, qui n’avait pas deux ans, se retrouvait donc coupée de sa marraine chérie, de ses grands-parents qu’elles voyaient à chaque semaine, bref coupée des adultes signifiants qui peuplaient son univers. 

Skype et autres facilités de communication à distance n’existaient pas à l’époque et bébé était beaucoup trop jeune pour jaser au téléphone. Alors comment avons-nous fait pour entretenir ces liens si précieux à cet âge? Nous avons fait du millage! Dieu que nous en avons avalé des kilomètres durant cette période! J’ai dû développer des trésors d’imagination pour occuper notre petite passagère qui dormait très peu en voiture. Pas de IPod, de IPad ou de lecteur DVD au plafond de l’auto. Nous partions avec une cargaison de CD digne de n’importe quel DJ et je lui faisais des chansons-surprises, elle adorait ça! Sinon, elle pigeait dans son bagage à main regorgeant de petits bonhommes, de carnets d’autocollants et autres distractions de poche facile à utiliser en voiture. Et quand ça ne suffisait plus, j’allais la rejoindre derrière et je lui lisais des histoires, ou j’en inventais avec des marionnettes au bout de mes doigts. Et on y arrivait, en un morceau et (presque) de bonne humeur! 

Encore aujourd’hui, rendue à quatorze ans, elle se rappelle de ces voyages et de leurs chansons-surprises. Il lui arrive même, une fois de temps en temps, de m’en demander lorsqu’on a une longue route à faire; presque plus en fait, les écouteurs et les playlists ayant remplacé les pochettes à CD et les oreilles curieuses et grandes ouvertes. C’est correct, à chaque âge sa réalité. Mais je m’ennuie parfois de cette époque où nous partagions un « moment » lors de nos déplacements, où nous étions véritablement ensemble, pas juste assis l’un à côté de l’autre, chacun dans sa bulle.

Bon, suffit la nostalgie, ce que je tente de vous dire en évoquant ces souvenirs de voyages en voiture avec bébé à bord, c’est qu’il y a moyen de rendre les longs trajets agréables, encore plus facilement aujourd’hui et pas seulement à cause de la technologie. Allez jeter un coup d’œil sur les trouvailles ingénieuses proposées dans la section En voiture du site de Mère Hélène, notamment pour faciliter l’ergonomie des déplacements. Ou encore CD musique pour aider votre poupon à s’endormir en route. Ça ne vous fera peut-être pas arriver plus vite, mais certainement plus détendu! Parce qu’un bébé qui nous chante la pomme à pleins poumons huit heures de temps dans l’auto, ça peut créer de légères tensions… Sur ce, bon voyage en famille!

mardi 20 octobre 2015

Botanique politique


Je suis une indécrottable romantique. En 1980, alors que je n'avais que 9 ans, une graine a été semée dans ma petite tête, mais surtout, dans mon petit coeur d'enfant et elle continue de pousser, malgré les années qui passent, malgré les défaites et les revers, malgré les "non" à répétition, malgré  le désenchantement et le désengagement qui s'en est suivi. Elle survit, même si on me dit qu'elle n'en vaut plus la peine, que plus personne (ou pas assez) n'y croit, que de toute façon, elle est mal représentée, qu'il serait temps de passer à autre chose. Elle résiste, presque malgré moi, parce qu'elle me renvoie à mon identité, à qui je suis, à mes racines, mon histoire. Elle est encore là, et le sera probablement toujours parce que cette graine a germé dans un terreau riche d'émotions, de rêves, d'espoir. Une graine m'a poussé dans le coeur et je suis incapable de l'arracher, même au lendemain d'une vague rouge foncé. 

Après la vague orange, j'espérais un peu plus de bleu pour lui redonner de la vigueur. Ce n'est pas arrivé, ça n'arrivera probablement plus jamais et c'est ici que la romantique entre en scène, car ça me crève le coeur, un peu comme une peine d'amour. Il n'y en aura pas de "prochaine fois". J'ai beau le raisonner avec ma tête, mon coeur ne l'accepte pas, puisque la graine est toujours là. La v'limeuse qui me fait croire à chaque fois que c'est possible! Pourtant, à force de se faire raser du paysage, elle devrait bien finir par disparaître! Mais non, elle s'accroche, pareil à de la mauvaise herbe qui se faufile à travers les craques du trottoir; elle continue à pousser même si on lui marche dessus! 

Alors, je la laisse là, tige un peu sèche, sans fleur, mais si profondément enracinée qu'aucun raz de marée peut en venir à bout. Un jour peut-être, mes filles la verront fleurir, car la graine, je l'ai semée dans leur coeur à elles aussi, pour la beauté de rêver grand, de croire en l'impossible. Elles devront à leur tour apprivoiser le goût amer de la déception, mais auront la richesse d'être habitées par des convictions. Un mot plus inspirant que stratégique il me semble. Je suis démodée, je le sais. Il ne faut pas être passéiste! Il faut se mettre au diapason de notre époque! Sinon, on passe pour des vieux nostalgiques, ou pire, des indécrottables romantiques. 

Fin du post-mortem, je tourne la page et retourne à la vraie vie; vous avez vu les couleurs dehors, beaucoup de rouge n'est-ce pas? ;)

mercredi 7 octobre 2015

Être là

 
toile de Michael H Prosper

Avez-vous regardé la lune rouge? Vous êtes-vous laissés impressionner par ce phénomène naturel rarissime? Ou avez-vous choisi d'écouter ce que matricule 728 avait à dire pour sa défense? Chez nous, la télé était allumée, mais pas de son! Tout le monde en parle sur "mute", disons que c'est pas mal moins percutant! On a donc opté pour l'émerveillement plutôt que pour l'amertume. Parce qu'après tout, dans vingt ans, on se rappellera encore de la lune rouge, les propos de 728 par contre? Pas sûre!

Nous vivons à une époque où on ne veut rien manquer, l'écran toujours au bout du doigt ou de la zapette. Mais en agissant ainsi, on se coupe bien souvent de l'essentiel: la communication en temps réel avec du vrai monde qui partage "live" ce qu'on est en train de vivre! C'est comme ça que se forgent les souvenirs, pas en écoutant des vedettes raconter leurs vies ou en regardant des vidéos de chats!

Je ne juge personne ici, j'ai moi-même l'index qui dégaine assez facilement, j'essaie juste de me ramener parmi les "vivants" le plus souvent possible. Regarder à travers mes yeux à moi, entendre la bande-son de ce qui se déroule autour de moi sans contrôler le volume, être à l'écoute de ce qu'on me raconte même si ça dure plus de deux minutes et que ce n'est pas rocambolesque, me laisser toucher par un câlin improvisé sans caméra pour le filmer, rire des blagues un peu plates de ma fille plutôt que du singe qui danse le twist.

C'est vrai que ce qu'on voit sur nos écrans est souvent plus divertissant que ce qui se passe dans notre salon un mardi soir! On a besoin de s'évader quelques secondes de la routine, d'oublier cinq minutes la lourdeur du monde, de se débrancher le cerveau en rigolant ou en potinant? On étire le doigt et voilà, pas plus compliqué que ça! Ça donne parfois des scènes surréalistes où tout le monde est assis sur le même divan sans que personne se parle, chacun dans sa bulle. Le comble du "tout seul ensemble"! 

Je n'aime pas voir ça, c'est une image qui m'attriste, me fait sentir coupable sur le champ puisque j'y participe! Alors je lâche tout et demande aux autres d'en faire autant. On ferme les appareils, on coupe le son et on sort voir la lune rouge, tous collés sur le balcon. On se fabrique des souvenirs impérissables, enregistrés sur notre carte-mémoire familiale, pas mal plus précieuse que celle des bidules qui commencent par Je (I-...) . Être là, pas avec Guy, Julie ou 728, pas avec le singe, la mariée ou le casse-cou, être là, ici et maintenant, avec ceux qui comptent pour vrai, même s'ils sont un peu plates, déprimants ou énervants, parce que c'est ça la vie! 

Une blogueuse qui prône la déconnexion, ce n'est pas très vendeur ça! En fait, c'est plus de modération dont il est question, vous aviez compris n'est-ce pas? Êtes-vous encore là??? Partis voir la lune peut-être? Bravo! :)

vendredi 25 septembre 2015

Récit en mots et en images de ma soirée surréaliste au gala des prix Gémeaux!

Pour commencer, le look! Avec l'aide d'une pro à la coiffure et au maquillage (merci Annie Gélinas!), de mes filles pour le choix des accessoires et pour le support moral et d'une amie précieuse pour l'achat de la robe, ça a donné ça! Pas pire hein!


Puis, l'arrivée sur place. Heureusement, mon chum a généreusement accepté de faire le chauffeur, j'étais tellement sur les nerfs, je ne voyais plus où j'allais! Un merci spécial à mon fan club, mes filles, qui m'ont escortée jusqu'à la porte du Salon Urbain de la PDA en me disant sans cesse "T'es trop belle maman!". Ça aide à avoir une certaine assurance!


Ce qui a beaucoup contribué à faire baisser le stress, c'est la rencontre des autres gagnantes, des femmes simples, chaleureuses et sympathiques, elles aussi en dehors de leur zone de confort, qui avaient toutes fait l'effort de se mettre sur leur trente-six pour vivre une soirée à la hauteur de ce qu'on nous promettait. On a été solidaire tout au long de ce rêve éveillé, c'était rassurant de sentir leur présence et de partager leur excitation, incrédulité, enthousiasme, merci à vous toutes! Et un merci spécial à ma belle amie Julie Philippon , blogueuse grâce à qui nous avons gagné le concours; elle a mené son groupe d'une main de maître bienveillant!

Crédit photo TFO **Julie, c'est la belle fille en noir et rouge au milieu

En entrant dans le salon aménagé par TFO, l'équipe à l'origine du concours, la vie des gens riches et célèbres a commencée, on nous accueillait avec une flûte de champagne! C'était parti mon kiki!

Crédit photo Julie Philippon

On nous a ensuite dirigées vers le cocktail dînatoire réservé aux nominés; surréaliste! Circuler à travers les vedettes pour aller se chercher un bouchée de porcelet sauce musquée, c'est disons, "spécial!". Quelques-unes de mes complices ont osé aller vers les stars, qui ont toutes réagi très gentiment,  un peu à ma grande surprise, je dois l'avouer! 

 Crédit photo Julie Philippon





Après ce repas délicieux, mais plutôt frugal (les files d'attente étant trop longues pour se rassasier!!), nous sommes retournées, talons hauts dans les mains pour certaines, à notre salon pour visionner le gala qui allait débuter. 

Crédit photo TFO






Comme nous jouxtions la salle de presse, nous avons eu droit au défilé des lauréats...


 Claude Legault et Martin Matte sont venus souvent!

... qui nous faisaient parfois l'honneur de traverser de notre côté!

Notre sympathique Infoman national!

La magnifique Julie Le Breton, crédit photo Chantal Jasmin
La superbe Macha Grenon qui venait d'échapper son trophée!
Le trop modeste Martin Perrizolo qui s'est excusé d'être juste lui!

Ce fût un moment de détente chic où l'on nous apportait canapés raffinés et macarons à la table. Avec accès à un bar à pop corn de luxe (ça existe!!) et bar tout court! Gâtées les dames! Entrecoupé par la visite des stars, ce segment de la soirée pourrait lui aussi être qualifié de surréaliste! Mais le plus incroyable était à venir, c'est-à-dire notre introduction au party exclusif d'après-gala! Pour reprendre l'expression d'un technicien qui nous a mis dans le secret des dieux, "il y avait de la vedette au pied carré"!!! Partout où on posait les yeux se trouvait une personnalité connue, on ne savait plus où regarder! Très étrange comme sensation de se frayer un chemin entre Guy A Lepage, Stéphane Rousseau, Mc Gilles et Mitsou! Et voilà qu'en sortant des toilettes (oui-oui!), je tombe sur Macha Grenon en grande conversation avec mon amie Mélissa, une autre gagnante. La comédienne me tend la main en me disant son nom et en me demandant le mien! Fine de même la belle Macha! :) Mais le clou de ma soirée, c'est quand Mélissa a couru pour rattraper Claude Legault qui venait de nous dépasser. Toutes les filles étaient au courant que c'était mon préféré, alors n'écoutant que son courage, Mélissa est allée me le chercher!!! J'étais si intimidée que je me suis littéralement cachée derrière une colonne lorsqu'il s'est approché! Mais quand je l'ai vu se pencher la tête pour me saluer, je n'ai pas pu résister! Quel beau souvenir j'ai récolté n'est-ce pas? Merci encore Mélissa!




C'est donc en flottant sur un petit nuage que j'ai quitté cette soirée magique, mais surtout, complètement....SURRÉALISTE!!! Merci encore à TFO d'avoir permis à toutes ces filles "ordinaires" de faire partie du monde des stars le temps d'une soirée inoubliable.


jeudi 17 septembre 2015

Parce qu'il faut aussi partager les belles nouvelles!




Dimanche soir passé, 17h, je reçois un message-texte d'une amie (Mamanbooh) qui m'apprend que je fais partie des gagnantes d'un concours vraiment pas banal: je suis invitée à assister backstage au Gala des Prix Gémeaux, avec pré-cocktail et accès à l'after-party où iront fêter les vedettes, WOW!!! Vous savez quel a été mon premier réflexe quand j'ai lu ça? Texter bêtement "Tu me niaises?" en ajoutant un peu plus tard "Tu m'imagines, moi, dans un gala?". Et elle de me répondre simplement "oui!". Oui! Moi, LA fille qui n'a rien à se mettre, qui se promène en Converse la plupart du temps, qui ne se maquille pas, se coiffe minimalement, moi, je vais aller au Gala des Gémeaux? Hahaha...

Voilà la façon dont j'ai réagi quand j'ai appris cette belle nouvelle, en riant face à l'absurdité de la chose! Et en me disant que je n'avais pas ma place là, que je devrais me désister, laisser la chance à une "vraie fille" de réaliser son rêve de princesse, etc, etc. Puis, j'ai relu le "oui" de mon amie et j'ai changé d'avis! 

J'ai décidé de me donner la permission de vivre ça, de prendre part au prestigieux gala avec tout ce que ça implique: m'acheter une robe chic, des talons hauts, me faire coiffer et maquiller par une pro, prévoir un sac à main de soirée, un rouge à lèvres pour les retouches, alouette! Je me donne la permission d'y aller même si cet univers est à mille lieux de moi, même si ces dépenses folles sont bien au-dessus de mes moyens et que la famille a tellement d'autres besoins à combler, même si tout ça est frivole et éphémère! J'ai gagné, j'y vais, bon! Attention les stars, j'arrive! :)

Merci Julie pour le concours*, mais surtout, merci pour ton "oui" qui a fait taire mon "non" plein d'insécurité et de manque de confiance, merci!!!

*Ce concours est organisé par TFO (#TFOGemeaux), la télévision francophone de l’Ontario, spécialisée notamment dans la programmation pour enfants et partenaire du gala.

mardi 15 septembre 2015

Souvenirs d’allaitement

Je reproduis ici un texte écrit pour le blogue de Mère Hélène . Cette entreprise, qui propose une expérience différente de la maternité au quotidien, m'a généreusement offert une place parmi sa belle équipe de blogueuses. Sous la rubrique Tranches de vie, je partagerai des mésaventures, souvenirs, impressions ou réflexions de mère "d'expérience", qui, je l'espère de tout coeur, feront du bien aux futures ou jeunes mamans. Bonne lecture!

 

Ah, l’allaitement! Source du pire et du meilleur! Impression tenace d’être une vache à lait toujours de garde VS lien privilégié développé avec notre petit babychou lové contre notre sein. J’ai allaité mes deux filles jusqu’à l’âge de 9 mois. Elles ont aujourd’hui 10 et 14 ans. Je me souviens avoir vécu une certaine pression sociale sur la durée de mon allaitement, surtout pour ma première; « Hein, elle a neuf mois et tu l’allaites encore? » Je ris dans ma barbe aujourd’hui quand je vois le mouvement d’allaitement prolongé auxquelles certaines adhèrent. C’est une question si intime, gardons donc nos jugements pour nous, tant que la mère est à l’aise, ce ne sont pas nos oignons, non?!

Je me souviens aussi des fameuses positions « optimales » d’allaitement qu’on s’acharnait à m’enseigner à l’hôpital alors que ma fille n’avait que quelques heures et moi mille ans!!! Je me sortais d’un premier accouchement qui avait duré plus de 15 heures, avec alerte cardiaque en prime, je n’avais dans le corps qu’une toast molle de cafétéria, on m’avait galamment installé entre les jambes un gant de caoutchouc rempli d’eau congelée en guise de glaçon pour faire diminuer l’enflure de vous savez quoi ET une infirmière s’obstinait à me donner un cours intensif de postures d’allaitement à 2h du matin!!! Super efficace comme approche! J’avais juste envie de pleurer et d’appeler ma mère pour qu’elle m’apporte un biberon au plus vite! Mais bon, je me suis calmée, c’était pour une bonne cause. Mon lait ne sortait pas assez en grande quantité, ma petite hurlait de faim, alors aux grands maux les grands moyens… Après la madone, le footballeur, la couchée sur le côté, avec deux oreillers, avec trois oreillers, on est finalement revenu à la classique assise dans une chaise. Comme ça ne marchait toujours pas, ils ont sorti l’artillerie lourde: la trayeuse électrique, issshhh! Je me souviens comme si c’était hier de mon chum, assis dans un coin de la chambre, crampé en deux : il avait déjà travaillé sur une ferme laitière et me disait que le petit « tss, tss » qu’il entendait était pareil à celui de… vous aurez compris. Dur de garder le moral, mais j’étais si épuisée, que j’ai ri avec lui et ça a fait du bien!!!

Je crois que c’est l’une des clés du succès de cette belle aventure que peut être l’allaitement : se détendre. Et mettre son orgueil de côté! Contrairement à Mahée Paiement, je n’ai jamais trouvé ça sexy d’allaiter. Si c’est votre cas, bravo, je vous admire! Je l’ai fait avec tout mon amour, mais me sortir le mamelon à toute heure et en tout lieu ne me faisait pas sentir séduisante, loin de là! J’étais même franchement mal à l’aise à certains moments. Devant mon beau-père, dans les centres d’achats où il n’y a pas d’aire d’allaitement (quel beau concept!!),  dans les restos, j’étais crispée et gênée. Je préférais même aller m’enfermer dans les toilettes publiques en toute intimité et allaiter ma petite debout! Mais ça, c’était mes bibittes à moi et je trouve ça fantastique de voir que de plus en plus de mamans sont confortables de s’installer où elles veulent pour allaiter leur petit le plus naturellement du monde! Mais pour celles qui sont plus pudiques, sachez que vous n’êtes pas seules et que c’est ben correct comme ça! À chacune son style, vive la diversité!

*Psitt, j’ai découvert ceci sur le site de Mère Hélène : https://www.merehelene.com/fr/352_1_Categorie_Allaitement-Discretion - Allaitement-Discrétion  J’aurais tellement aimé avoir ce genre de petit paravent-perso dans l’temps! Timides de ce monde, gâtez-vous! 

mercredi 9 septembre 2015

Se donner de la misère




Il fait trente degrés dehors, mille si on ajoute le @#$%?& de facteur Humidex. Je marche  pour me rendre d'un point A à un point B parce que je n'ai pas d'autre moyen de transport. J'ai les pieds qui gonflent à vue d'oeil, la sueur me coule vous savez où mesdames, je rêve que le soleil disparaisse jusqu'à l'hiver prochain quand soudain, j'aperçois sur le bitume en fusion un groupe qui fait des push-ups!!! Des push-ups, sur l'asphalte, à cinquante milles degrés! Une quinzaine de femmes en top de bikini, le visage rouge tomate, obéissent aux cris d'un entraîneur digne d'un mauvais film de guerre et souffrent visiblement d'aller toucher le sol brûlant avec leur nez vingt fois de suite! Une question me vient en tête à la vue de ce tableau surréaliste: Pourquoi??? Pourquoi se donner autant de misère??? 

Pour se dépasser voyons! Le fameux mot à la mode qu'on entend partout! Se dépasser, qu'est-ce que ça veut dire au juste? Aller au-delà de ses limites, mais quelles limites? Celles qu'on se met soi-même? Celles que la société nous édicte? Ce ne serait plus SE dépasser alors, mais bien dépasser les autres! Je fais de l'esprit de bottine, ceux qui me connaissent l'auront compris, mais quand même. Cette tendance aux performances extrêmes, aux courses à obstacles de fou qui ne mènent nulle part, aux entraînements comme dans un camp militaire alors que nous avons la chance de vivre dans un pays en paix, aux "Ironman" qui portent un titre de super-héros parce qu'ils courent cent kilomètres mais ne sauvent jamais personne, ce courant d'ultra-ci ou d'hyper-ça, je ne le comprends pas. 

Nos existences sont-elles à ce point vide de sens que nous avons besoin de se faire "souffrir" pour se sentir en vie? J'aimerais bien connaître le point de vue de la fillette qui brave de réels dangers pour se rendre à l'école chaque matin, ou celui du réfugié qui s'use les pieds à marcher pour sauver sa peau! Comprenez bien, je ne suis pas contre l'activité physique "intense" ou le fait de relever des défis, c'est bon pour la motivation, le moral, l'estime de soi. Mais il me semble qu'on a un peu perdu le sens de la mesure, qu'on bascule souvent dans la démesure. Tout ça pour impressionner qui? Nous-mêmes? Il faut se donner de la misère pour se convaincre qu'on vaut quelque chose? On manque d'amour à ce point-là? 

Quand je songe à tous ces efforts surhumains qu'on déploie individuellement pour se prouver qu'on existe,  mon vieux fond communiste (ha!ha!) se met à rêver: si toute cette fabuleuse énergie était dirigée vers quelque chose de plus grand que nous, le bien commun par exemple (bien comme dans bien-être et commun comme dans communauté), qu'est-ce que ça donnerait? Si tout ce jus de bras servait à construire un monde meilleur plutôt qu'à se construire un ego de Superman, est-ce que la Terre tournerait plus rond?

On me croirait directement sortie des années soixante avec mes idées de changer le monde!! On est rendu ailleurs, je le sais bien! Après tout, le surentraînement n'empêche pas d'aider son prochain; le coureur extrême n'accepte-t-il pas de ralentir sa course pour tendre la main à son compatriote pogné dans la bouette? Si c'est pas de l'entraide ça! Hé hé hé! (Sans rancune, je vous admire secrètement au fond! ;) )